Le Canada et les « communications sociales »

A partir de 1961, André Martin se rend  régulièrement au Canada avec des durées de séjour toujours plus longue. Connu pour ses articles aux cahiers du cinéma, André Martin est invité au Festival International du Film de Montréal. Il y rencontre toute l’équipe du festival parmi lesquels  Pierre Juneau le président, Guy Coté bien sûr et le sociologue Fernand Cadieux. On y projette Patamorphose.

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Membres du conseil du FIFM de 1961. De gauche à droite : Marc Lalonde, Fernand Cadieux,
Claude Sylvestre, Pierre Juneau, Guy Glover et Guy L. Coté.
Photo : Bruno… http://www.guylcote.com/categories/cinema/page/3/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photographie : Collection Guy Coté

André Martin retourne au festival en 1962 pour y présenter « Mais où sont les nègres d’antan » puis en 1963 en tant que membre du jury au FIFM. Ces trois voyages donnent lieu à des échanges extrêmement riches. André Martin y découvrent les médias  Nord américain, les canadiens organisent en 1963 les journées du Cinéma Tchécoslovaque dont le programme intègre un article d’André Martin paru dans Paris-Prague no 15  «  Une contribution Indispensable : celle du cinéma Tchécoslovaque ».

Au contact de Pierre Juneau et Fernand Cadieux, André Martin découvre Marshal McLuhan qui révolutionne la théorie des communications dans son livre « The Gutenberg Galaxy». 

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Exemplaire d’André Martin


 



André Martin s’enthousiasme pour les théories de M. McLuhan et observe les médias nord-américains. Pierre Juneau et l’ONF lui commandent plusieurs  travaux de recherche liés à des projets de l’ONF pour expérimenter les nouvelles possibilités de présentation de film « en unifiant les derniers développement des techniques de cinéma avec les arts de l’architecture » en préparation de l’exposition universelle de 1967 :  

-Projet communication : qui donnera lieu à la réalisation de deux courts métrages
-un projet expérimentale
-Labyrinthe.

En 1965 il publie dans image et son no 102 un article « Où en est le culte de l’image reine ? » qui marque sa rupture à venir avec le cinéma et le cinéma d’animation au profit d’une vision prospective de la circulation de l’information. 34 ans  après ce discours est troublant d’actualité.

André Martin séjourne pratiquement continument au Canada de 1966 à 1967 et délivre plusieurs projets : 

-Réalisation pour l’ONF de  ses deux films sur la télévision et les communications et leur priorité incontestable sur les contenus : La télévision est là et Image, que me veux-tu ?

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Tournage La Télévision est là
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Photographies et documents   : Collection Geneviève et André Martin M. McLuhan et A. Martin sur le tournage. Document ONF : Plaquette sur les deux courts métrages de André Martin.

-Réalisation d’un arbre généalogique sur l’origine et âge d’or du dessin animé américain,

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-Exposition sur le cinéma d’animation  à l’Université George Williams (aujourd’hui Concordia) en collaboration avec Raymond Maillet et Guy L. Coté.

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-L’exposition Universelle est un triomphe et attire plus de 50 millions de visiteurs.

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Le monde de l’Animation lui se réunit dans un aréopage inédit et  incroyable de créateurs autour des évènements sur le cinéma d’animation et notamment dans le désormais célèbre cocktail du siècle à l’hôtel Windsor. Article de Marco de Blois: https://www.cinematheque.qc.ca/fr/le-cocktail-du-siecle-montreal-aout-1967

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Photographie cinémathèque québécoise  : Norman de McLaren, Chuck Jones et Bob Clampett et André Martin au fond.

 

 

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André Martin fait une démonstration d’une réplique du théâtre optique d’Emile Reynaud (1892 ) avec Raymond Maillet et
Guy L. Coté. Photographie du site  https://www.guylcote.com/categories/cinema/page/3/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Service de la recherche du CRTC 

En septembre 1967, toute la famille d’André Martin le rejoint à Montréal. Pierre Juneau qui a rejoint le bureau des gouverneurs lui passe commande de plusieurs contrats de recherche sur les communications ainsi que l’ONF. En 1968 le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes est créé et Pierre Juneau en devient le premier président. Le 10 Janvier 1970, le service de la recherche du CRTC est officiellement créé et André Martin prend la direction. André Martin va progressivement constituer une équipe de rêve au  service de la Recherche du CRTC : 
-Patrick Gossage, 
-Liska Bridle,
-Cathy Richards,
-Mary Wilson, 
-Rodrigue Chiasson et d’autres. 

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Ces années au services de la recherche ont vus émerger de nombreux travaux sur l’impact des télécommunications sur les groupes sociologiques, des études sur Harold Innis  (1894-1952) professeur d’économie  à l’université de Toronto et chercheur sur les médias et les télécommunications.
Fin 1975 Pierre Juneau quitte le CRTC pour être brièvement Ministre des communications du Canada. Son successeur voit moins l’intérêt des travaux du service d’André Martin. C’est l’amorce d’un mouvement de retour en France. Sa famille rentre en France dès juillet 1976.  Ce mouvement de retour s’accompagne aussi d’un retour sur la scène de l’animation …

Ottawa ’76

Un festival d’animation ne pouvait pas se créer sans lui. 
André Martin contribue à l’organisation du 1er festival d’Ottawa sur le cinéma d’animation.Il  y participe en tant que président du jury. Il rédigera à cette occasion deux plaquettes très complètes sur Raoul Barré illustrateur montréalais qui réalisa des films d’animation aux Etats Unis  et qui influença profondément de dessin animé américain ainsi que  sur Oskar Fishinger cinéaste d’animation abstrait. Au pied levé, il animera la soirée de remise des prix. Un article suivra dans la revue Cinéma-Québec sur la re-naissance du cinéma d’animation.  Enthousiasmé par les films qu’il a vu, la nouvelle génération, l’arrivée d’animatrices de talents , André Martin est de retour dans le monde de l’animation : « mes équinoxes sont d’animation » (Lettre d’André Martin à son fils Franck Martin 24-08-1976)

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La semaine prochaine 4eme et dernière partie; Direction le Nouveau Monde

Clément MARTIN,