Quel meilleur endroit que la Cinémathèque québécoise pour faire un festival d’animation. Ce lieu qui, notamment sous l’impulsion de Louise Baudet, est devenu la seule cinémathèque à s’occuper autant du cinéma image par image. Une partie de la collection est d’ailleurs consultable sur place.

L’un des événements de cette 14eme édition était l’exposition consacrée au « Cocktail du siècle » organisée lors de la Retrospective mondiale du cinéma d’animation de 1967. En tant que passionné d’animation, on ne peut qu’avoir le tournis en voyant le nombre de personnalités présentes … (article sur Cartoon Brew avec de nombreuses photos et infos sur cet événement)
 

Mais la vraie surprise, le véritable événement de cette édition, a été la Classe de maitre de Patrick Bouchard. 5 heures pour découvrir de travail du réalisateur de Bydlo.
On a assisté à un véritable show mais dans le bon sens du terme. Patrick Bouchard s’est révélé excellent animateur de la conférence, c’était très vivant, souvent très très drôle, mais surtout passionnant. Il a réussi à nous partager et nous faire comprendre les doutes, les plaisirs, les angoisses, les réussites qui accompagnent la réalisation d’un film.
Beaucoup de gens de la profession étaient dans la salle, même si l’on se dit que les étudiants en animation de Montréal auraient du être plus présent tant le discours était riche, et répondait aux questionnements que souvent beaucoup d’entre-eux traversent.
Une idée magnifique donc ! que cette rencontre de 5 heures (j’aurais tellement voulu l’avoir :)

Au niveau de la compétition, quelques coup de coeur comme le superbe Squame de Nicolas Brault, Revoir sur grand écran l’envoutant Marzevan de Vergine Keaton ou Le Roi des Aulnes de Georges Schwizgebel. Oui en fait en regardant la sélection je crois que c’est vraiment Squame qui était le film le plus marquant.

Bon je dois avoué une petite déception pour la classe de maitre de Wendy Tilby et Amanda Forbis mais je pense plus parce qu’elles sont restées dans un cadre très stricte … et après celle de Patrick Bouchard, et malgré bien évidemment le talent des deux réalisatrices, ça ne faisait pas le poids.
Mais je suis ravi d’avoir vu et revu plein de superbes films dans leur Carte Blanche. Des découvertes comme Primiti Too Taa d’Ed Ackerman, My Financial career de Grant Munro et Gerald Potterton … et merci merci merci pour le bonheur de revoir Le Hérisson dans le brouillard sur grand écran. On a beau l’avoir vu des dizaines de fois ça marche toujours, surtout quand c’est en 35 mm. Et puis, la performance Balade sur Blinkity Blank de Pierre Hebert et Andrea Martignoni ( à voir ici ) et la franche camaraderie qui régnait lors de la remise du prix René Jodoin à Marcy Page.

Aujourd’hui avec le nombre de plus en plus important de films, un festival se doit d’avoir une sélection correcte pour le moins, des rencontres avec des auteurs, des cartes blanches avec des vieux films etc … Les Sommets ont tout ça.

Mais vous savez la vraie force d’un bon festival ? C’est qu’on s’y sente bien, chez soi, avec des gens qu’on a envie de revoir le lendemain, avec qui on a envie de discuter jusqu’à très tard (bon même si le bar de la cinémathèque ferme un peu tôt ;) Et pour tout ça Les Sommets sont une véritable réussite.

Bravo à l’équipe de la Cinémathèque Québécoise pour le superbe accueil, à Marcel Jean d’avoir permis au festival de ne pas s’arrêter et un énorme bravo à Marco de Blois dont l’énergie, le dynamisme et le professionnalisme donnent à ces Sommets l’envergure justement d’un grand festival mais à taille humaine.

Et petit rappel: j’ai eu le plaisir de faire une émission Bulle de rêves dans les conditions du direct, à écouter ici

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Le studio Bulles de rêves aux Sommets  
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avec Patrick Doyon, Patrick Bouchard et Nicolas Brault
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Marcel Jean et Marco de Blois
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Julie Roy et Christine Noël
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Pierre Hebert et Andréa Martigoni