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Sur le devant de la scène

Un petit hérisson à Kiev

sans brouillard

Pas d’article pour l’instant cette semaine, j’attends des renforts qui vont m’aider à vous proposer des articles avec moins de fautes et une meilleur ponctuation … plutôt pas mal non ? :)

Mais en attendant merci à mon frère pour cette photo qu’il a prise à Kiev … On aimerait avoir des statues, totems comme ça, plus souvent dans nos parcs.

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Perdre, écrit-il

ou comment il tentait d’accepter l’inconstance des jurys 

Dans la vie d’un(e) créateur-trice être membre d’un jury est souvent la possibilité de profiter d’un peu de repos après le dur labeur de la création. Pour un producteur un moment pour faire quelques rencontres. 
Pour quelqu’un dont le travail est de critiquer, de penser l’Histoire de l’animation, de parler et écrire sur le sujet, un(e) directeur-trice de festival … c’est un peu plus. 

Non que les premiers ne prendraient pas au sérieux ce travail. Certains bien au contraire y mettent beaucoup de coeur et y réfléchissent énormément.
Mais une fois le festival passé on leur parlera peu de leurs choix, on plaisantera, on applaudira, on se moquera … mais leur création reprendra très vite les devants. 



Pour les gens de la seconde catégorie c’est un peu différent. On va y réfléchir après, ce sont des films que nous avons peut-être sélectionnés, sur lesquels nous avons beaucoup disserté. Pour les créateurs leur façon de pousser un cinéma qu’ils-elles aiment, qu’ils-elles pensent importants va se passer plus souvent à travers leur création. Pour nous c’est à travers les films que nous mettons en avant.

Un palmarès, aussi peu fiable que soit cette manière de juger des films, est un indicateur important

Ma première fois

C’était au FICAM. Nous étions 5. Et cela ne s’était pas trop bien passé. Mais grâce à cette expérience j’ai commencé à comprendre certaines choses. 

Les rapports de force. C’est étonnant comme certaines personnes peuvent vite prendre le dessus sur d’autres. Dans ce jury il y avait un réalisateur connu qui passait son temps à refaire les films. Sa parole était quasiment sans opposition. Nous tentions bien sur, et il nous écoutaient - mais de là à nous entendre …

Une autre des personne du jury était un(e) spécialiste du cinéma d’animation. Il/Elle avait participé au festival en programmant des séances et était visiblement déçu(e) de ne pas voir suffisamment de monde dans les salles. Il/Elle a joué le jeu mais de façon assez détaché(e).
Quand nous nous sommes retrouvés pour la décision finale. Deux d’entre nous, nous étions préparés à un long débat … mais l’agacement de nos deux collègues l’a vite emporté quand ils se sont rendu compte de notre envie de débattre. L’issue pour eux devait être rapide et si possible à travers un vote.
 Nous avons perdu. Vote il y a eu. Le film qui a obtenu le Grand prix ne plaisait vraiment à personne mais la discussion n’y a rien fait. Cette bizarre démocratie l’avait emporté.

Une belle leçon

Mon plus beau jury je pense a été au festival de Banjaluka. Je ne sais pas si c’est la plus beau mais en tout cas j’en garde un souvenir important.


Lors de la délibération finale, Georges Schwizgebel, président du jury, voulait absolument donner le Grand Prix à un film. Nous l’aimions mais pas assez pour lui donner la plus grande récompense du festival . Il a tenté de nous convaincre, ces arguments étaient bien sur fondés, mais non décidément ce film n’ait pas l’étoffe d’un Grand Prix pour nous.

Après une longue discussion un film est ressorti de nos débats. Georges Schwizgebel a accepté de voir « son » film obtenir « seulement » le Prix du Jury. 
Cela pourrait vous sembler une évidence comme choix. Et pourtant quand on fait quelques jurys on se rend compte que ce n’est pas toujours facile pour quelqu’un de reconnu de mettre son choix de coté.

Des techniques pour une délibération ?

Il y en a plein. On peut discuter après chaque séance. Faire des listes. Revoir des films. Discuter. Voter. Mettre en place des barèmes. Et tellement d’autres.
Mais en fait les techniques ne font pas les palmarès. C’est l’alchimie du groupe qui fait ça. Il suffit qu’un membre du jury décide de ne pas participer à cette dynamique et un « bon » palmarès est impossible.

Qu’est-ce qu’un bon palmarès me direz-vous ? Et la notion de bon palmarès est-elle même possible …

Pas de compromis, mais du lâcher prise

Je pense que oui. Je pense que certains palmarès sont harmonieux et pas d’autres. Il y a deux ans le palmarès du festival de Bruz était exemplaire dans la mise en avant d’un certain type de cinéma (Chulyen, Rhizome, Péripheria ). D’autres vont mettre en avant la diversité de l’animation en laissant s’exprimer chacun.
La place alors des films dans le palmarès n’a pas toujours d’importance. Un film qui obtient une mention dans un bon palmarès peut avoir une aussi grande valeur que le Grand Prix (la force de la sélection, vous le comprendrez, rentre alors en jeu).

Ainsi aussi bien pour mes jurys du PIAFF, que quand je participe à un jury j’essaye qu’on se mette d’accord à ne pas accepter de compromis mou. Si un film plait à tout le monde c’est bien, sinon certains d’entre nous devront céder mais bien sur en récupérant ailleurs l’occasion de mettre en avant le cinéma qu’il aime.

Dialoguer dans le chaos

Mais bien sur un jury est un équilibre fragile tant les différentes variables vont faire pencher la balance dans un sens ou un autre. Une science non exacte certes, mais qui justement dans le chaos, peut créer ce beau palmarès.

Pour cela l’écoute est importante.
Il y a bien sur les aspects humains, du quotidien. Qu’on oublie certes un peu dans l’ambiance d’un festival. Mais si vous avez connu une rupture ou si vous êtes amoureux-se, si votre prochain film attend toujours son financement ou si il vient de rafler tous les prix … Je ne vais plus étendre la liste que ça, je vous laisse imaginer bien sur toutes les infinies possibilités.
Et donc le même jury, deux semaines après selon l’humeur changeante de ses jurés peut donner un palmarès différents (pas à l’opposé bien sur mais différents quand même)

Mais ça en tant que responsables de festival vous en pouvez pas y faire grand chose … A moins de faire espionner plusieurs semaines à l’avance chacun de vos jurés. 

Et puis ça fait partie aussi justement de cette inconstance des jurys et tenter de mettre en place un jury c’est de tenter le sort justement. Du chaos de ce choix décidera, sans que vous puissiez y faire quoi que ce soit, du palmarès. C’est la beauté de la chose aussi.

Mais il y a quelque chose d’autre qui est à prendre en compte dans un jury. Et je reviens alors à ma première expérience au FICAM. 
Sur quels bases les jurés vont décider, vont juger. Souvent les festivals ne donnent pas de pistes, ne donnent pas d’obligations… Dans un sens c’est bien et la confiance est donnée au jurés. Et pourtant chaque festival est différent et le faite de donner des précisions peut permettre justement d’amener un peu d’ordre dans ce fameux chaos. Sans l’éviter, heureusement. Un ordre pour permettre des décisions plus cohérentes ou empêcher tel ou tel aspect de l’emporter.

Le duel impossible

Car chacun des jurés va venir avec sa vision du cinéma qu’il/elle aime et qu’elle/il risque de vouloir mettre en avant. Pour les créateurs/trices cela peut être souvent un cinéma qui correspond un peu à celui qu’ils/elles peuvent faire (je parle en jury car pour les commissions cela peut-être un peu différent …). Il faut comprendre cela en des termes très généraux.

Cela peut-être des critères esthétiques, des univers, des thématiques. Pour d’autres cela va être politique. Moi par exemple je fais très attention à ce que l’auteur a pu faire avant, le coté historique me parait important. Mais aussi si c’est un(e) jeune réalisateur/trice, est-ce que le film, même imparfait, est prometteur de futurs oeuvres passionnantes.
Ainsi un film peut retenir de suite mon attention mais je vais vouloir donner le prix plutôt au film d’à coté, plus bancal peut-être mais tellement plus prometteur.

L’envie de perfection d’un film m’ennuie profondément.


Ce ne sont que quelques petites pistes mais vous vous en doutez il y en a beaucoup plus. Et même des critères de copinages (j’ai déjà vu ça)

Ecrire sa défaite

Récemment j’ai été membre d’un jury dans un festival magnifique. Je dis ça car tout était réuni pour un beau palmarès. Pour la première fois nous n’avions pas parlé après chaque séance (ce que je déconseille aujourd’hui vivement). 


Nous nous sommes retrouvés pour la délibération finale avec tous les films. Je pensais que ça allait être une expérience intéressante. Mais dès fois les choses ne tiennent pas leurs promesses. La discussion était intéressante mais je me suis rapidement rendu compte que les films que j’aimais ne seraient pas forcément en haut de l’affiche, mes deux collègues ne partageant pas les mêmes goûts.


Mais ce n’était pas très grave. Ce sont des choses qui arrivent et c’est même le fameux chaos dont je parlais qui peut amener de jolies choses.
 Mais il n’y pas eu de lâcher prise par un(e) des jurés. Au bout de 6 heures c’est moi qui ai perdu.

Vous pouvez trouver un peu cavalier de ma part de vous dire ça ici. Mais j’ai dit au juré que j’avais perdu et qu’il avait gagné. 
De plus nous nous sommes vraiment très bien entendus et mes deux collègues sont absolument charmants, vraiment. Mais le rapport de force qui aurait pu/du s’effacer est bien resté. 


Surement que son mental, que ce qui se passe dans sa vie privée, professionnelle au moment où nous avons fait le palmarès était plus au beau fixe que moi et ce juré n’avait pas envie de céder. 

Nous n’avons pas fait semblant une fois sur scène que nous avions été d’accord. J’étais certes content d’être sur scène pour remercier les organisateurs, pour dire un texte sur la vivacité et la force de la sélection étudiantes, pour dire mon amour d’un certain cinéma. Mais je ne pouvais m’empêcher de me dire que j’avais perdu.


Perdre s’est regretter. L’écrire est surement une manière de dépasser un peu mes regrets.

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Photo: Cătălin Georgescu

 

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Un petit texte de présentation de Francis Gavelle et un lien vers le site des Fiches du cinéma pour son article.

[...]

lire l'article complet de Francis Gavelle

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Emission Bulles de rêves du mardi 27 juin 2017
Radio Libertaire 89.4 Mhz

Bulles de rêves Spécial Festival d'Annecy

avec un débat critiques et Amid Amidi

Comme depuis quelques années j’anime un débat critiques la samedi matin pendant les cafés-croissants aaa. cette année autour de la table Marco De Blois (Cinémathèque Québecoise), Nicolas Thys (24 images), Francis Gavelle (Les Fiches du cinéma), Florian Deleporte (Studio des Ursulines), Antoine Lopez (Festival Clermont-Ferrand) et Nicolas Burki (Focus on animation)

Vous entendrez aussi le début de l’interview d’Amid Amidi de Cartoon Brew.

C’est une émission qui est passée l’après-midi même et je remercie infiniment le réalisateur de l’émission qui a réussi a vaincre les ordinateurs de Radio Libertaire pour pouvoir passer l’émission :) 

Vous pouvez la télécharger ici ou l’écouter ci-dessous

 

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La belle tablée critiques (photo blog aaa)

 

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